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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 14:16

 

1. A comme Anne, M comme Marie… Anne-Marie fut mon premier amour :

cheveux blond cendré, yeux bleus, démarche singulière… Lettres, téléphones, sorties, le tout

très platonique !

 

2. B comme Béatrice seize ans, et lui dix-huit. Ils sont en vacances à la montagne. Le

garçon chez lui est mal à l’aise, avec une mère caractérielle, des sœurs méchantes, un père

présent mais absent de cœur. Tous les soirs l’adolescent traverse la rue et va passer la soirée

chez Béatrice, dont la mère l’a pris en affection.

Lumière tamisée. On lit. La chienne, Héra, dort aux pieds de sa maîtresse.

Par moment, les doigts de Béatrice tournent les pages du livre du jeune homme, qui les

prend dans sa main et les serre très fort…

 

Cinquante ans après, devenus vieux, ils se retrouvent à Bonn où Béatrice, veuve de

son mari allemand, l’a invité. Ils se serrent très fort dans les bras, s’embrassent, se fiancent, se

marient et ont beaucoup d’enfants… Si, si ! grâce à l’adoption : Mia, d’Haïti, Léa et Rémi du

Srilanka…

La vie est belle !

 

3. I comme Inès, une cousine éloignée, c’est-à-dire venue de très loin : peau café

au lait, poitrine généreuse ! Artiste à ses heures, elle peint à l’huile sur du contreplaqué

les portraits des artistes de cinéma en vogue… on s’embrasse, elle m’offre ses seins ; on

transpire, on s’acharne, on s’accroche l’un à l’autre... et puis soudain la porte s’ouvre : c’est

mon père furieux !

 

4. S comme Sylvie, coiffeuse : cheveux blonds, yeux marron… une envie folle de

coucher avec un garçon… Ma petite chambre de célibataire. Sylvie est là, toute nue déjà ; je

me déshabille à mon tour, puis je fais l’amour pour la première fois ! mais pas une seule fois :

deux fois, trois fois… Sylvie reviendra, et puis un jour ne viendra plus.

 

 

 

 

 

Par leserpentaplumes - Publié dans : Christian
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 13:14

 

Elle est là sur la jetée, cheveux bruns attachés avec un gros ruban rouge, maillot en laine rouge aussi. Elle traîne un jouet en bois, il n’est pas à elle, elle l’a pris à la devanture du marchand d’articles de plage. Mais à deux ans, comment savoir ce qui est à soi où pas

 

Sept ans- ses cheveux sont coupés, ce fut une belle lutte chez le coiffeur pour arriver à ce résultat. On lui dit de sourire pour la photo d’identité, mais elle n’en a pas envie après cette abus de pouvoir sur sa personne, et puis ses dents de devant n’ont pas encore repoussé.

 

Dix ans, collants roses, manteau de fourrure, masque de chien ,elle est seule sur la scène, devant un triangle qui figure Dieu. Elle étouffe sous ce masque, mais elle dit quand même son texte. C’est la fête de fin d’année à L’école Sainte Thérèse.

 

Onze ans, la voilà déguisée en croisée : voile blanc sur la tête, grande croix bleue sur la poitrine et le dos. Ce sont les religieuses de l’école qui ont décidé que cette année les élèves participeraient ainsi à la procession, pour faire plaisir à Monsieur le curé, grand personnage rougeaud, tonitruant, la terreur des petits.

 

Seize ans, pour la photo de classe, elle a enfin une coiffure qui lui plaît, cheveux courts façon Beatles, la frange un peu longue lui cache presque les yeux.

 

 

 

 

Par leserpentaplumes - Publié dans : Annie
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 13:09

 

Il y a encore quelques semaines elle, puisque c’est d’une fille qu’il s’agit, mais ses parents ne le savaient pas, discutant le choix des prénoms : si c’est un garçon, on pourrait l’appeler Alain, si c’est une fille Anne où plutôt Annie, âne, on risquerait de se moquer…

Il y a encore quelques semaines donc, elle appréciait le confort de sa bulle aquatique, nourriture à

volonté,chaleur, galipettes à droite, galipettes à gauche, tête en haut, tête en bas, l’apesanteur,

le bonheur. Mais progressivement son habitacle a semblé se rétrécir, et aujourd’hui , elle se sent

complètement coincée ; c’est à peine si elle peut bouger les mains et les pieds. Quelle horreur !

Qu’est ce qui l’attend ? va-t-elle finir étouffée dans ce qui fut un lieu paradisiaque ?

Tiens voila du nouveau : non seulement elle est coincée,mais voila qu’on la presse de toute part

-pression- pause- pression- pause-pressions pressions, pressions,mais où veut on l’emmener ?

C’est insupportable à la fin ; mais elle ne peut rien faire,si ce n’est suivre le chemin qu’on lui impose, la tête de travers en plus et soudain plein de brillant, plein d’un quelque chose qui lui emplit les poumons.

Elle crie et elle aperçoit vaguement des formes penchées sur elle.

« C’est une fille » ! Papa, Maman, les voix qu’elle entendait de loin sont maintenant toutes proches.

 

 

 

 


Par leserpentaplumes - Publié dans : Annie
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 22:04


Je l’ai tué parce que ça faisait deux heures que ce moustique m’empêchait de dormir et qu’il m’avait déjà piquée trois fois.


Je l’ai tué parce que sa tête ne me revenait pas, alors un petit tour dans la guillotine et le problème a été réglé.


Je l’ai tué parce qu’il dansait en me marchant sur les pieds et que j’ai les pieds très sensibles.

A la fin de la valse, nous sommes allés sur le balcon et je l’ai aidé à faire le saut de l’ange.


Je l’ai tuée parce qu’elle avait une voix que je ne pouvais plus supporter, j’ai serré un peu, beaucoup, et elle s’est tue.


Je l’ai tué parce qu’il n’arrêtait pas de critiquer ma manière de découper la viande.

Lui, c’est avec beaucoup de soin que je l’ai découpé en morceaux pour qu’il tienne dans une valise.

 

 

 

 

 

 

 


Par leserpentaplumes - Publié dans : Annie
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 22:02


Au premier plan, un jardin désolé, une seule allée toute droite, conduisant à une grande maison sombre,

une seule fenêtre éclairée ;

C’est la nuit ; L’ombre d’un arbre sur les cailloux, un vélo d’enfant abandonné.

Derrière la maison, un chemin lui aussi rectiligne s’enfonce au milieu d’une foret.

Sur ce chemin au loin, un enfant en pèlerine, une lanterne à la main ; il quitte la maison.

Des nuages dans le ciel, l’un d’entre eux cache en partie la lune, gros disque brillant.

De part et d’autres du chemin, se dressent des arbres immenses, certains très droits, d’autres

aux formes torturées comme des fantômes menaçants.

A la droite du tableau, quelques doigts d’une énorme main, celle d’un géant ou d’un ogre ?

A gauche la présence rassurante d’une balançoire et d’un chien.

 

 

 

 

 

 


Par leserpentaplumes - Publié dans : Annie
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